That’s a relief !

Posted on juin 28, 2010

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Bien le bonjour cher lecteur,

Bien ou bien aujourd’hui ?

Me revoilà, Nikobo Koubo, la victime technologique.

Aujourd’hui, je vais te parler d’ophtalmologie, de paracétamol et de mise en abyme.

Cela fait quelques soirs maintenant que je perds 3 points à chaque œil en les forçant à soulever l’équivalent d’haltères de 200 kg d’illusions par le nerf optique. Je m’explique : on m’a installé un plugin qui semblait fun pour forcer le relief dans les jeux 3D. iZ3D qu’il s’appelle. Et ça marche, plutôt bien pour un plugin gratuit. L’illusion du relief est provoquée par la technique de l’anaglyphe (lunettes Rouge – Cyan) ce qui provoque évidemment quelques effets secondaires indésirables : couleurs dégueulasses (comme si un filtre «  pipi d’après le café du matin » était appliqué sur toute l’image) et éléments surgissant brisant le relief et vrillant le cerveau (pour les objets d’une luminescence trop proche d’un rouge ou d’un cyan). Mais l’effet, en tant que méthode de relecture de l’espace virtuel d’un jeu, est très intéressant pour un Aventurier de l’Immersion comme votre serviteur.

En résumé de mes expérimentations, j’ai détecté quelques sensations particulièrement agréables provoquées par cette nouvelle dimension.

Dans le jeu Zeno Clash, les séquences de bastonnades au corps à corps deviennent encore plus épiques et frénétiques tant on voit le poing de l’adversaire venir s’écraser sur sa gueule d’écran (suivit d’une petite douleur mentale par le surgissement de l’objet-poing sur un plan trop rapproché) et vice-versa. Les proportions et les distances donnent aussi l’impression de se balader dans un décor de carton pate prisonnier d’un aquarium géant, comme si nous, avatars, étions les jouets d’un immense gamin cosmique.

Dans World of Warcraft, j’ai eu une sensation de vertige délicieuse et intense lors d’un trajet en wyvern, alors que j’avais calibré les paramètres du relief à des valeurs extrémistes. J’ai lutté quelques douloureuses secondes pour accepter ce que je voyais, puis je suis littéralement tombé dans l’espace. Les distances étaient réellement colossales. Jamais vous ne pourrez goûter à cet effet dans une salle de cinéma ou sur un film calibré pour le confort visuel d’un maximum de spectateurs paresseux ; le fait de pouvoir paramétrer soi-même l’intensité de l’effet par l’intermédiaire d’un plugin est le bon moyen de se rendre compte de l’intérêt sensoriel du relief dans un espace virtuel.

Je vous conseil de vous faire saigner les yeux, gicler le cerveau par les oreilles, au moins une fois, avec l’intensité au maximum sur un jeu à grande profondeur de champ pour éprouver cette émotion singulière. Juste, n’oubliez pas de garder votre tube de Dolipranes 1000 à portée de main.

Enfin, dans le jeu Torchlight, l’effet était évidemment minime mais néanmoins très rigolol : pour le coup, l’impression de manipuler sa petite figurine Warhammer au milieu de maquettes sur un plateau de jeu de rôle était vraiment amusante.

Jamais je ne tenterai de session de jeu longue et exigeante au niveau du gameplay avec ce procédé : les jeux actuels ne sont pas pensés pour le relief, et l’anaglyphe provoque trop souvent de parasites visuels pour permettre une expérience de jeu complète et sereine. Cependant, je pense continuer à tester différents genres et technologies pour découvrir les émotions qui cela peut provoquer. Je suis intrigué. Cette technologie est peut-être le messie d’une nouvelle forme d’immersion.

Ou pas…

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