Archive pour la Catégorie Soit dit en passant...

[sic] “C’est bien ce que je pensais : il a les fois.”

Posted in Cûltûre, Soit dit en passant... on juin 11, 2009 by nikobo

Je continue mon exploration de l’œuvre de Marc-Edouard Nabe. Après m’être farci les tomes 1 & 2 de son journal intime (miraculeusement trouvé – car plus édité – à la médiathèque de Marseille, l’avantage des grandes villes), qui font quand même plus de 1400 pages chacuns en petits caractères, j’ai fait une pause sur un bouquin plus léger (en nombre de mots) “Visage de Turc en pleurs“.

Un passage, je n’ai aucune idée de pourquoi, m’a particulièrement frappé. Je le recopie ici :

J’ai toujours eu la foi, ou plus exactement les fois, une multitude de fois. Puis je me suis aperçu, tout bonnement, que toutes ces fois n’en formaient qu’une. Tout le monde croit en Dieu. Dés qu’on dit : ” C’est pas un hasard “, on est croyant.

La “Foi”, moi, je n’y crois pas. C’est trop flou. C’est comme l’extase : certains – qui ne l’ont jamais ressentie – voient ça comme un abandon plus ou moins déliquescent de la conscience, alors qu’il s’agit – vous pouvez me croire – d’une lucide plénitude de tous les instants. Ainsi la ” révélation ” est bien superflue, en tout cas elle ne dispense personne de vivre sa foi. L’important n’est pas de ” croire en Dieu “. Laissons ces vulgarités aux protestants, ce sont eux qui ont inventé la croyance. Au Moyen Age, l’air qu’on respirait était religieux. Tout a été pollué par les humanistes, puis par les Lumères qui sont le véritable obscurantisme. Se demander si l’on croit ou non est aussi ridicule que de demander à une femme si elle est faite pour avoir des enfants.

Avoir la foi…est une phrase suspendue qui n’a pas besoin de s’achever en ” Dieu “, c’est-à-dire dans le vide. Croire, croire en quoi ? En Dieu…Avoir la foi…En quoi ? En rien, en tout, avoir la foi, c’est tout.

Marc-Edouard Nabe , Visage de Turc en pleurs, 1992

Je trouve ça brillant. Je ne sais pas si je suis d’accord, mais j’admire vraiment la clairvoyance et la pertinence de l’analyse et du point de vue. Ça me semble sensible et juste.

Les journaux intimes de MEN sont aussi de vastes plages de mots où percent des pensées fulgurantes, qui chroniquent la vie d’un type qui vécu dans le sillage de certains de mes héros (tels Choron, Cavanna, Siné…) et de grandes figures de la fin du XXème siècle (d’immenses Jazzmen à de grands cinéastes disparus en passant par des écrivains et proches d’écrivains fabuleux).

A coté de ça, je lis “Les Martiens“, de K.S.Robinson, qui fait “suite” à la Trilogie Martienne (Mars la RVB ), plusieurs petites nouvelles éparpillées sur la vaste chronologie de la trilogie, où l’on retrouve quelques petits récits de guests comme les Cents Premiers, certains des Issei et Nisei ou différents colons, parachevant l’édification de cette immense fiction prospective d’une érudition phénoménale.

Pffiou, en bref, je me gave. Et c’est de la bonne.

Amicalement vautre

Posted in Graphisme, Soit dit en passant... on juin 4, 2009 by nikobo

l_c32cee230be946ef99ac1b547acf9cc3Normalement, c’est pour ce weekend. J’ai un peu le trac.

[sic] Caca et Game Design

Posted in Soit dit en passant..., sic on mars 26, 2009 by nikobo

Je revenais d’une séance de démoulage de cake dont les lendemains de pot-au-feu ont le secret. Ces petits moments privilégiés où l’on se retrouve seul avec sa tuyauterie et sa chimie contrariée, sans le poids du regard du collègue d’à coté. Le cerveau en roue-libre, tandis que le reste est occupé à actionner d’improbables valves organiques dont je préfère ne pas comprendre le fonctionnement, je pensais à cette connerie de page Word aussi blanche que cette faïence où mon regard se perd. Quand SOUDAIN…

SPLUUUSH !

J’eus l’idée !

Vraiment, il y a quelque chose de mystique dans ce rituel métabolique, et ce n’est pas Suda51 qui me contredira :

“Être seul est très important. Je vais aux toilettes et j’essaye de chier, et là, je vais avoir une bonne idée.”
Goichi Suda

sauf que moi, mon idée, c’était juste de la merde…

(voir Flu)

[cqfd] Welcome to Madworld !

Posted in Soit dit en passant..., vidéos on mars 19, 2009 by nikobo

Voici quelques explications qui éclairent bien la situation embrouillée de cette crise financière mondiale. Moi qui pensais que c’était tout simplement la faute de gros connards en costard…

Hum…Au final, c’est bien la faute de gros connards en costard.

The Secret of Gameboy Island

Posted in Soit dit en passant..., photos on mars 8, 2009 by nikobo

gameboyisland

30 minutes de bateau et une petite heure de crapahute sur les îles de Frioul. Et la Gameboy.

La taule est rance

Posted in Soit dit en passant... on février 13, 2009 by nikobo

Aujourd’hui on m’a dit que j’étais difficile à cerner. Ce n’était pas particulièrement péjoratif dans le contexte, mais ça n’était clairement pas gratifiant. Comme ce n’est pas la première fois qu’on me fait la remarque, dans une situation relativement similaire, je commence à m’interroger…

Dans le cas présent, je digressais joyeusement et dans l’insouciance d’un enthousiasme sans calcul à propos d’un animé délicieusement crétin qui me plait beaucoup (Jungle wa itsumo Hare nochi Guu). Suite à cela la conversation glissa vers un tout autre sujet, où je fis par de ma fascination pour les films noirs, en particulier ceux mettant en scène le duo Alan Ladd/Veronica Lake, avec la même naïveté emphatique.

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J’étais conscient du grand écart stylistique qui avait été exécuté en moins de 3 phrases par des cerveaux à froid, mais tout de même… Une vague incrédulité et un soupçon de méfiance passèrent furtivement sur le visage de mon interlocuteur. J’aurai même la paranoïa d’en extraire un certain mépris. J’eu l’outrecuidance de l’interroger sur ce soudain virement de ton, et la réponse qu’il me fit confirma mes maigres doutes : « Je trouve un peu opportuniste de se dire fan d’animés japonais et de films noirs. »

Je ne voyais pas où était le problème…

« Tu es assez difficile à cerner, on ne sait pas vraiment quels sont tes goûts…C’est à se demander si tu ne prétends pas apprécier quelques choses juste pour pouvoir te permettre d’en parler et donner ton avis. »

Outre l’aspect vexant d’une telle remarque, elle me fit réfléchir quant à ce qui avait pu nourrir une telle conclusion…

« Parfois on a l’impression que tu invoques des références à priori antagonistes pour provoquer un conflit entre nos différents points de vue. »

Ce qui est fort possible, me connaissant. J’ai néanmoins l’excuse de ne pas en être conscient. Depuis quelques temps dans les débats, plutôt que d’être solidaire d’un groupe d’opinion, j’agis souvent comme anticoagulant.

Comme un emmerdeur quoi.

Concrètement, c’est cette fascination (malsaine ?) pour la baston d’opinion qui me met à l’écart de certains rituels contemporains (comme le foot ou plus belle la vie). Ce n’est pas un goût d’esthète, la recherche d’une quintessence culturelle…Rien d’aussi noble. Tout de même…

J’aime bien le conflit. C’est à mon avis ce qui fait le mieux ressortir ce qu’il y a de plus beau (et de plus laid, oui, aussi) dans l’humain. Face à une menace contre son intégrité physique ou mentale, celui-ci déploiera des trésors de volonté et d’ingéniosité pour se défendre et faire valoir son point de vue.

C’est de cela dont il s’agit, pas de « guéguerre » ou de violence à priori gratuite. Mais de la valeur d’un point de vue.

Forcement chérie, l’opinion intime est la clé de voute de l’esprit. Sans elle la personnalité s’effondre ou se dissout comme un cachet d’aspirine dans un verre d’eau. Beaucoup la protège en ne l’exposant jamais, la blottisse dans la chaleur d’un groupe (porte-ouverte à l’intolérance la plus crasse), ou la couvre de faux semblant, derrière moult barricades conceptuelles ou approximations consensuelles (à contrario on retrouve souvent ce genre de cerveaux frileux camouflés sous l’étendard de la ‘tolérance’).

Protéger son opinion est une attitude de self-défense, une démonstration d’instinct de survie, d’autoconservation de son intégrité.

C’est aussi un aveu de faiblesse, de manque de consistance morale.

Personnellement je jubile au spectacle du gladiateur de la pensée exposant son opinion intime et brute de sensualité intellectuelle dans l’arène de la polémique. Evidemment, pour ceux dont l’opinion est soigneusement molletonnée d’idées reçues, ce spectacle peut paraître barbare, voir obscène, vulgaire ou immature. Pourtant, celui qui (se) débat ainsi, face à un autre polémiste, mais le plus souvent contre le mur d’indifférence crasse de l’Opinion Générale, est un héros ! Mille fois plus dangereux pour lui et pour les autres et dix mille fois plus efficace qu’un petit penseur à la langue de bois qui distillerait ses nuances moelleuses déguisées en cynisme assassin pour mieux se faire briller (« quelle irrévérence ! »). Ce Don Quichottisme agressif a le mérite de la sincérité.

Ce qui sort de meilleur, de plus beau et de plus pur est toujours lié à l’intensité d’un combat, l’emphase d’une conquête. La création est une guerre contre l’inertie ; et le créateur est régulièrement obligé de prendre ses gants de boxe conceptuels pour rouer de coups son propre cerveau quand celui-ci commence à se figer, se cristalliser dans un certain confort moral. D’où ce besoin de se confronter à des références antagonistes, des points vue que tout opposent, de croiser le fer avec ses à priori.

Non ce n’est pas d’avoir lu du Leon Bloy le weekend dernier qui influence ces lignes, vraiment. Remarque peut-être un peu, mais mon ressentit est très intime. En plus j’ai aussi lu en parallèle le 3ème Tome des romans Warcraft ‘Le Dernier Gardien’.

Quoi, je suis opportuniste ?

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[OSEF] street fighter iv

Posted in Soit dit en passant... on février 13, 2009 by nikobo

Ouais. Y’a pas moyen. Je m’en bas comme de mon premier knock out.

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In Memoriam

Posted in Soit dit en passant... on janvier 26, 2009 by nikobo

Alors que la saison 5 de LOOOOOOOST commence en Grand Nawak, je pleure la disparition d’un des meilleurs acteurs de série télévisée du monde. Voici Matthew Fox tel qu’on le retrouve (à peu de choses prés) dans le premier épisode de la S05 :

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(ça le fait rire, l’immonde)

En effet, La Barbe de Jack, qui avait illuminée toute la saison 4 de ses (rares mais d’autant plus précieuses) prestations, n’est plus.

Le répertoire fantastique de cet acteur génial était digne des plus grands ; ainsi…

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La Douleur.

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L’alcoolisme.

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La stupeur interrogative de type “hunhuuun?”

Etc…Etc…Tu vas nous manquer, Barbe de Jack. Aucun ne t’arrivait à la “cheville” depuis la mort de Mr Eko.

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Adieu l’Artiste…

[sic] Non.

Posted in Soit dit en passant..., sic on janvier 25, 2009 by nikobo

Aujourd’hui, ce n’est plus TF1 l’ennemi : il n’est plus question d’abhorrer la société marchande, mais plutôt les dialecticiens qui l’attaquent d’une façon si basse, avec des clichés vieux de trente ans, afin de la remplacer par une culture “branchée” pour suffisants “modernes”. Ces condamnateurs finiront par électrocuter tout véritable penseur libre sur la chaise électrique du pénitencier qui les salarie : le snobisme.

Marc Edouard Nabe, Non. 02/1997

J’ai repensé à ce passage du furieux bouquin de Nabe après avoir enchaîné la lecture de Chronic’Art #51 et Amusement #3.

We can be heroes

Posted in Jeux Video, Soit dit en passant... on janvier 15, 2009 by nikobo

Bon, c’est pas du tout frais (ça a bien 4 ou 6 mois je pense), mais je viens de retomber dessus dans le classement des finalistes de l’Independant Game Festival 2009 dans la catégorie bizarre de l’Innovation Award.

Le jeu s’appelle ‘You have to burn the rope‘. Et porte bien son nom.

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Je vote pour. Et je vais surement passer la matinée avec la musique du générique de fin dans la tête…Mais je poste sur ce jeu aujourd’hui pour faire écho à un article d’hier du site Overgame concernant un brevet passé en douce par Miyamoto himself, profitant de l’été pour glisser des oursins dans les caleçons des gamers pendant qu’ils ont la tête dans le sable.

Pour résumer, imaginez un jeu où vous n’êtes plus obligés de jouer pour arriver à la fin. Où vous n’avez pas à apprendre et maîtriser les règles du jeu pour sauver la princesse ou manger votre cake. Un jeu où vous n’avez plus à jouer pour jouer avec le jeu… Bref, le brevet suppose de pouvoir enclencher à tout moment un pilote automatique qui jouerait à votre place, ou un guide d’aide qui prendrait le joueur par la main pour lui faire traverser les clous (ou les piques).

Je suis à la fois pour et contre ce genre d’idée saugrenue (ça mérite bien un adjectif aussi laid).

Je suis contre dans le sens où, comme le prouve brillamment ‘You have to burn the rope‘, le plaisir que procure un jeu n’est pas lié à sa conclusion. Ce petit foutage de gueule révèle bien la vacuité d’une telle conception. De plus, je ne vais pas réécrire les théories, mais sans contraintes, le cerveau s’ennuie.  (et comme le dit Monsieur Braid : “Si, pour que plus de gens puissent jouer, nous avons besoin de rendre les phases de jeu optionnelles, alors notre médium ne vaut rien.”)

Je suis pour pour d’autres raison. Quand je serais vieux et que mes réflexes seront émoussés au point d’être incapable de finir le premier niveau de Kirby’s Dream Land, comment survivre à la frustration de ne plus pouvoir sauver le monde ? Cette option, envisagée comme le mode 3ème Âge, permettrait aux vieux geeks que nous deviendront de continuer à se nourrir de leur vice préféré, jusqu’à ce qu’Alzheimer nous sépare.

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