[Aachi & Ssipak] De la merde en lingot.

juin 8, 2008

Dans un futur lointain et apocalyptique, deux êtres se battent pour survivre…Deux héros fiers et solidaires, beaux et braves, en lutte contre les forces du Mal.

En fait non.

Aachi & Ssipak est un animé d’une heure et demi des coréens Jeong Hye-Won et Jeo Bom-Jin qui parle de caca.

Oui oui.

L’univers où se passe le film est caractérisé par une valorisation à outrance de nos banals étrons ; en effet une puce électronique est implantée à la naissance dans le trou d’balle de chaque individu, et va dés lors comptabiliser sa productivité excrémentielle de manière impartiale tout au long de sa vie. Car toute l’économie de cette étrange société est basée sur la Sacro-Sainte Merde qui permet d’alimenter en énergie toutes les technologies nécessaires à une vie décente (de type XXIème siècle crasseux). Ainsi, une juste rétribution est allouée à chaque c(h)itoyen accomplissant avec générosité son devoir civique (chier) : à chaque étron offert à la communauté, il reçoit une petite glace bleue aux vertues euphorisantes et profondemment addictives.

Il est important de savoir que ces “glaces bleues” sont l’objet d’un marché noir extrêmement lucratif. Et qu’elles constituent la seule nourriture d’un peuple de gnomes mutants bleus, humains dénaturés par la consommation de cette drogue.

Aachi et Ssipak sont deux petites frappes un brin loser évoluant dans tout ce merdier.

Voila pour la petite histoire (Je laisse aux théoriciens amateurs et liseurs entre les lignes motivés le soin de décrypter le message socio-corrosif se cachant dans le derrière de l’oeuvre. J’ai mes idées, mais ne gâchons rien…)

Cet animé Coréen n’a rien a envier aux délires audiovisuels de ses voisins Nippons. D’une réalisation absolument magistrale, c’est un geyser d’images à haute pression qui vient nous tapisser les rétines tandis que nos tympans sont submergés d’effets sonores et de musiques frénétiques. Proche d’un Dead Leaves par son délire graphique et son propos psycho-scato-politico-vrillé, voila un film qui en jette. Loin d’être juste une farce crétine et hurlante, il est jalonné de références cinématographiques et de morceaux de pop-culture, tout en flirtant entre parodie et expérimental. Sous ces dehors idiots et jubilatoires, nous sommes en face d’une oeuvre intelligente et lucide, totalement en phase avec les préoccupations de son époque.

Bref, un bon divertissement pour les sens, et de la bonne nourriture pour le cerveau (de plus de 18 ans ^^).


[La vie de Bouddha] Osamu Tezuka

mai 18, 2008

Les éditions Tonkam présentent…

Je viens de finir le premier Tome de “La vie de Bouddha” d’Osamu Tezuka et je suis littéralement béat. Béat d’admiration pour le talent incroyable de ce conteur prolifique. Aussi variée que peut être son oeuvre et aussi déficiente que soit ma culture ; je n’avais jamais entendu parler de cette série de mangas retraçant la légende de l’éveillé. Je suis tombé dessus au hasard de mes errances à la médiathèque d’Aix hier après-midi et j’ai été d’abord étonné de voir un Tezuka dans ces étagères plus encombrées de Bleach ou HunterXHunter que de véritables classiques. Alors bon…on verra bien…

Oh la bonne idée que j’avais eu là !

Pendant un temps, j’ai lu pas mal de trucs sur le Bouddhisme. Par curiosité pour une religion qui n’en est pas vraiment une ; quelque chose de singulier, que ma conception de petit occidental tout imbibé de culture judéochrétienne avait du mal à appréhender. Aussi parce que le Japon, qui me fascine, est lui-même imprégné de Bouddhisme jusqu’à la moëlle de ses temples merveilleux que je verrais un jour (si).

Dans cette période d’investigation spirituelle, un indispensable ami, prophète à ses heures, m’avait prêté un livre : “Sur les traces de Siddharta” de Thich Nhat Hanh (maître Bouddhiste vietnamien réfugié en France et écrivain). Ce bouquin très malin retrace sans mysticisme ou autres sermons indigestes la vie du prince Siddharta, qui deviendra suite à un régime à base de racines, d’eau froide et de selles douloureuses, le Bouddha (en même temps qu’un excellent personnage de roman). Sur le modèle du périple initiatique, il propose une description pas à pas de la naissance d’un être éveillé. *

C’est donc en croisant mes souvenirs de ce livre (je te le rendrais Chouix, je l’ai toujours, désolé ^^) que je me suis plongé dans la lecture du manga de Tezuka.

Ehbien le point de vue n’est pas du tout le même…Tezuka adapte la vie du Bouddha à son roman graphique en prenant la voix du lyrisme, de l’épique et du fantastique. Mais comme toujours chez le Maître, l’agitation et l’humour (il y en a beaucoup) se mêlent au tragique (contrastant puissamment avec le trait relativement naïf de Tezuka) et au sensible. Les personnages sont extrêmement fins et attachants. Ils ont une vraie densité qui tend les fils de la narration à mesure qu’ils se téléscopent au grés des evènements. Et les valeurs mystiques coagulent leurs destins, dévoilant la trame cyclique et harmonieuse qui régit l’Univers Bouddhiste.

J’ai hâte de lire la suite !

* Je ne peux pas m’empêcher de vous décrire dans quelle situation je me suis retrouvé à lire ce bouquin…

J’étais alors en plein job d’été, emploi saisonnier ingrat et indispensable, où ma tâche consistait à ramasser 16546 tonnes de pommes Gala (les rouges, juteuses et collantes) par jour, en compagnie d’un soleil de plomb et d’une sacoche branlante à vider toute les 3 minutes dans une grande benne puante sans se faire choper par les guêpes. Je prenais ma pause de midi au bord d’une petite rivière, sur des berges désertes, au fin fond d’un chemin oublié. Complètement cramé et fourbu, j’avalais en speed un jambon-beurre-cornichon puis m’attablait face au bouquin, au pied d’un superbe peuplier très vieux et très grand. C’était puissant, j’entrais dans le récit avec un bonheur salvateur, et respirait la sagesse qui s’en exhalait en harmonie totale avec la quiétude qui m’entourait.

Jusqu’à ce que mon vieux Nokia se mette à geindre, car j’étais en sursit : les pommes n’attendent pas.


La Musique des Livres

mai 16, 2008

The Books est un groupe de musique New Yorkais constitué du bidouilleur de samples Nick Zammuto et du violoncelliste Paul de Jong. J’apprécie énormément leur univers au swing soyeux et velouté, récupérant la matière sonore traînant un peu partout pour l’organiser en petites mélodies à la respiration jazz.

Je vous soumets ici trois pistes extraites de leur dernier album : “Music for a french elevator“.

Liternité

Egaberté

Fralité

Charmant, non ? :) La sonorité “française” doit vraiment fasciner au delà de ce que je peux imaginer…bien que ça soit réellement agréable, ces enchaînements de “potage”, “café-crême”, prononcés par un vieux 45-tours de ‘Méthode d’apprentissage du Français en 30 jours’ sur un fond de ballade jazzy.


Plantage

mai 14, 2008

Alors, ce n’est pas Björk. Ca vient du Danemark, c’est la voix d’Henriette Sennevaldt, et le groupe s’appelle Under Byen.

Le nom de l’album est : Det er mig der holder træerne sammen.

Le nom de la piste est : Plantage.

Quelle coïncidence.

Le MP3


Une BD et au dodo

mai 13, 2008

Jérôme K. Jérôme Bloche est une Bande Dessinée policière de type BD-Belge classique, comme un bon vieux SODA, avec tout autant de bulles mais moins de sang.

Jérôme K. Jérôme c’est aussi un écrivain anglais du fin XIXéme début XXème. Un gars avec un humour comme un coupe papier aiguisé pour trancher la gorge des idées reçues dans le respect des bonnes manières. Un écrivain cynique et satirique anglais, quoi. Un proche parent (et une influence majeure) d’un certain Terry Pratchett.

«J’aime le travail : il me fascine. Je peux rester des heures à le regarder.»

Jérôme Klapka Jérôme (ou “La dérisoire grâce du lol”)
Bon, ça, c’est fait.

La Bande Dessinée Jérôme K. Jérôme Bloche est une mignonne petite série retraçant les aventures de Jérôme, un jeune détective d’une vingtaine d’année, gentil paumé un peu naïf mais plein de bonne volonté. J’apprécie la légereté du personnage dans un univers assaisonné de petits drames merveilleusement banals, d’enquêtes ancrées dans la vie de tout les jours, où Jérôme course à dos de solex des malfrats anachroniques dans une ambiance urbaine touchante de sensibilité et de nostalgie, sans jamais tomber dans la caricature. Graphiquement très correct, la série brille par sa constance et sa cohérence, et on en vient très vite à s’attacher à la galerie de personnages qui parcourt les albums et dont la psychologie s’étoffe peu à peu.

J’en ai emprunté quelques uns à la bibliothèque du coin et je les déguste comme des petites friandises visuelles en prélude au sommeil, me glissant sous le stetson de fonction du détective en herbe le temps de quelques cases de pur divertissement.

Je vais essayer de finir la série, histoire de voir ce qu’elle a dans le ventre.


Back to the Futuroscope

mai 11, 2008

Sérieux…Je crois me rappeler qu’en plus

c’était VRAIMENT ça, les années 80.

Mais c’était aussi ça :

Et ça, c’était bon.


GTA Cliché City

mai 9, 2008

Trop plébiscité, trop acclamé, trop condamné (pour les besoins du buzz), trop entendu parlé de Grand Theft Auto ; le jeu qu’il est pour les durs ou/et les psychopathes violeurs de drogues et dealers de vieilles dames.

GTA 3 m’avait parut fade. J’avais parcouru quelques heures Liberty City, cueillant les voitures comme on ramasse des fraises, écrasant les passants les yeux fermés en essayant de deviner au bruit … une pute, un joggeur, un cadre ?

Finalement, ça m’avait très vite lassé. L’ensemble était terne, et la possibilité de pouvoir mettre la ville à feu et à sang grâce à de multiples armes (et enfin pouvoir fermer leurs gueules aux flics myopes et maniaques des GTA) ne m’enchantait pas vraiment. La forme était bonne ; du pur sandbox, politiquement incorrect, bien réalisé (pour l’époque, 2001). Un défouloir grinçant et déformant, mais qui au final sonnait creux.

En fait, le scénario avait beau se tenir, il manquait quelque chose à GTA. Cela ne l’a pas empêché de devenir un phénomène monstrueux dans une tempête de gloire, de procès et de fanboyz hystériques.

C’est surement pour cela que j’ai laissé tomber. Je pense que toute cette agitation autour d’un chauffard en 3D m’irritait, tant les arguments que j’entendais semblaient ridicules. Des deux cotés.

Enfin…le temps a passé, et GTA IV vient d’arriver (scoop). Les vidéos in-game me provoquent des picotements dans les doigts, symptôme classique de l’appel du pad. Mes critiques de confiance sont relativement d’accord : c’est d’la bonne.

Mais que c’est-il passé, entre le 3 et 4, pour que GTA soit passé d’un jeu de voitures majorettes dans une grosse maquette rigolote à un jeu de barjots furieusement charismatique et intrusif ?

A défaut de pouvoir goûter à l’objet de hype über tendance qu’est GTA IV, j’ai décidé de comprendre quel chemin avait suivit la série, les raisons qui ont fait d’elle une référence pour un genre qu’elle a contribué à créer. J’ai donc commencé par installer aujourd’hui GTA Vice City (2002).

Ma première impression est qu’il va me plaire, ce GTA. Son esthétique années 80, ses références filmiques - beaucoup plus assumées et maîtrisées que dans le 3 - l’ambiance générale qui s’en dégage me permet d’affirmer que voila, c’est ça qui manquait à GTA : une personnalité. Ce jeu a du caractère, on le saisit d’emblée. Les dialogues m’ont étonné par leur justesse. Les paysages et les éclairages créent des instantanés dynamiques de clichés criards dignes des pires épisodes de Miami Vice.

Tout est parodie, tout est jubilation, car tout nous hurle à la tronche : CE N’EST QU’UN JEU !

GTA, le jeu qui se joue des mythes ? (ici, les 80’s, en titillant toute l’absurdité d’une époque fluo et déglinguée)

Donc, pour l’instant, je me suis amusé, et l’ennui n’est pas encore venu gâcher la fête. A suivre, donc…

(Si j’arrive à le finir, je passe à San Andréas. Et peut-être un jour pourrais-je goûter aux aventures de mon homonyme d’Europe de l’est !)


Killer7 Sūpā Sentai Shirīzu

mai 8, 2008

Ah merde, j’avais oublié de dire *SPOILER* !

Mais bon, il a 3 ans maintenant quand même ce jeu. Tout le monde l’a fait.


Cinéma de bas-quartier

mai 6, 2008

Allez, et si on se payait une tranche de ciné aux petits oignons…

couv La Traversée du Temps (Toki wo Kakeru Shōjo)est un roman japonais de l’écrivain Tsutsui YASUTAKA, un mec bien.

Auteur atypique (à la suite d’attaques de divers groupes de pression qui lui reprochaient de ne pas utiliser des expressions «politiquement correctes», il a récemment décidé de ne plus rien publier…), il me fait penser par certain coté à un autre grand bonhomme de lettres, Philip K.Dick. En effet, ces deux messieurs affectionnent particulièrement de noyer leur lecteur dans des intrigues cousues de fils coupant…déchirant la notion de fiction, écorchant la réalité…et cherchant insidieusement à tomber le masque de la Vérité.

Cependant, à la différence de P.K.D (que SIVA le turlute), le plus souvent centré sur des personnages malades dans des univers de SF décadents, l’oeuvre de Yasutaka laisse paraître un goût très japonais pour la poésie de l’instant, les ambiances bucoliques et flottantes, les petites bulles narratives centrées sur quelques personnages sensibles, fragiles, dans des cocons ouatés de tranches de vie…

Mais, si les méthodes diffèrent, on ressent une même intention chez lui de gratter la fiction pour titiller la réalité.

‘La Traversée du Temps’ est un de ses rares bouquins a avoir été traduit en français. Publié originellement en 1983, il est surement arrivé par chez nous aux alentours de sept ans plus tard, édité par l’Ecole des Loisirs.

En effet, c’est un roman simple, que certains n’hésiteraient pas à qualifier avec un petit rictus méprisant de « pour enfants et adolescents ». Je l’ai lu il y a 15 ans.

Inutile de préciser que je l’ai complètement dévoré. Plus d’une fois. Mais…pas tant de fois que ça, finalement…J’eus le malheur de vouloir partager le bonheur que j’avais eu à le lire avec un « pote de récré », et lui prêtait le bouquin. Depuis, je n’ai revu ni l’un ni l’autre. Et autant le nom de ce « pote » m’est complètement sorti de la tête, autant La Traversée du Temps est restée au chaud dans un coin de mon cerveau, avec son auteur au nom imprononçable (je fixais longuement la couverture, après le point final, le menton dans l’oreiller, en me demandant lequel de ces enchaînements de syllabes étranges constituait un prénom).

L’histoire est simple (pas simpliste). Les descriptions pures et subtiles. Le style fluide et aéré. Mon souvenir est très net à ce sujet.

Si je commence par causer d’un bouquin (alors que je prétendais causer de cinéma au début, pour ceux qui suivent), c’est pour en venir à son adaptation animée (nous y voilà).

« La Traversée du Temps » n’a jamais aussi bien porté son nom que le jour où il m’est revenu en pleine poire sur la couverture d’un magazine d’animés, illustré d’un dessin de Yoshiyuki Sadamoto (Evangelion, FLCL, .Hack…). Je me suis alors souvenu de tout ce que je disais précédemment. Car, au bout de 15 ans, ce bouquin, je l’avais bel et bien enfoui dans le grenier des mes lectures de jeunesse, encombrées de Kamo, de Petit Féroce et de Boule et Bill. L’odeur de « la salle de chimie », lieu clé de l’intrigue, revint habiter l’imaginaire de mes narines mentales. Des odeurs, des images et des sons…Ce qu’il m’a marqué (et manqué), ce bouquin !

affiche

J’ai récemment vu le film.

Joli.

Une adaptation, surement assez éloignée par certains cotés de l’original, mais où j’ai pu retrouver quelques sensations que j’avais éprouvé il y a de cela tant d’années. Ce n’est pas un mince exploit, et c’est pourquoi, malgré un rythme parfois (rarement) irrégulier, et quelques effets de manche maladroits, je trouve ce film réussis. Peut-être est-ce la nostalgie ? En même temps…celle-ci est un des rouages du film (et du livre), comme une présence rassurante, triste et souriante.

A tout amateur, je conseillerais de sentir le livre, puis respirer le film.

Je ne sais pas si je suis clair…

hop

(hmm, faut vraiment que je vois Paprika…adapté d’un roman de… Tsutsui Yasutaka)


Pratchett & Clonk

mai 4, 2008

That\'s Death

Clonk…comme un coup sec derrière la nuque.

Terry Pratchett est un écrivain britannique qui souilla mon jeune cerveau de son miasme littéraire il y a 15 ans, lorsqu’à cause de cette sale curiosité (qui tue le chat et le balance dans la flotte lesté de caillasses), j’empruntais négligemment ‘La Huitième Couleur’ à la Bibliothèque de mon petit village cambrousard.

“Les annales du Disque-Monde”, est-ce que ça a un rapport avec le jeu débile ‘Discworld’ que j’ai essayé l’autre jour sur le PC d’un pote ? Pas sur, peut-être que c’est juste une image poétique sur le ‘monde du disque’, du CD-ROM. Tellement c’est hi-tech un CD-ROM, tu peux faire tenir un monde dessus. Ouais, ça doit être ça. En tout cas, dans le jeu, ça parle de tortue…

Bon à cette époque, j’enchaînais bouquins sur bouquins, dans un registre fantasy-SF d’un classicisme austère. Arthur C. Clark, Asimov, Bradbury, Barjavel, Huxley…je m’en gavais jusqu’à l’écoeurement.

“Dans un ensemble lointain de dimensions récupérées à la casse, dans un plan astral nullement conçu pour planer, les tourbillons de brumes stellaires frémissent et s’écartent…

Voyez…”

(fragment de l’incipit de La Huitième Couleur, 1983)

S’en suit une description astronomique d’un tortue. Ah. C’était donc ça.

Je n’étais pas franchement préparé…à vrai dire je m’attendais à des trolls, des nains, des magiciens et un peu de barbares sanguinaires. Bon en même temps il y en a pleins le bouquin, de ces articles de fantasy-discount. A la différence qu’ils ont conscience d’être des clichés, tant et si bien…ah, voila que je théorise…enfin, tant et si bien que le lecteur se retrouve dans un costume de lecteur de fantasy de carnaval, avec un bouquin complice et moqueur dans les mains, pétri d’humour so-british et de jeux de mots fabuleusement traduit (par Patrick Couton, traducteur héroïque).

Et depuis, je suis la petite vie du Disque-Monde, au grès des publications de Pratchett, auteur prolifique puisqu’on en est à 36 bouquins (english) à l’heure où j’écris ces lignes, ce qui donne une moyenne d’1,44 par an.

Pas mal.

D’autant que la seule faiblesse que j’ai pu déceler au fil des ans tient au fait que les pages de la collection Atalante ont tendance à se décoller à la 7ème lecture.

Ainsi, mon petit imaginaire personnel a mûrit accompagné de Rincevent, Cohen, Vimaire, Chicard (oui, dur), Ridculle, Mémé Ciredutemps…et La Mort, lui-même (héhé), en personne. Quand ma tête est malade, l’écriture de Pratchett est comme une brise de fraîcheur senteur lavande dans un barbecue allumé encrassé de graisse de chipolatas.

Enfin…je n’écris pas pour faire un éloge des Annales du Disque-Monde ; série archiconnue, vendue à des millions d’exemplaires, traduit dans une centaine de langues, brassant pleins de fric et de fans hystériques. Je voulais juste exprimer ce que ces livres représentent pour moi, ce qui fait qu’une petite brève d’actualité parcourue d’un premier coup d’oeil distrait, puis d’un second incrédule, me laissa tout triste, il y a de cela moins d’une semaine.

En effet, lundi 28 avril 2008, Terry Pratchett fêtait ses 60 ans.

Ah oui. Et j’ai aussi appris qu’il avait été diagnostiqué d’une forme rare et précoce de la maladie d’Alzheimer.

Clonk…comme un coup sec derrière la nuque.

Cette nouvelle m’a affecté plus que je ne l’aurais cru. Évidemment, je suis inquiet concernant l’avenir de la série, mon besoin régulier de fixs disque-mondiaux se trouvant menacé si le cerveau qui les conçoit venait à défaillir. Mais je suis aussi, bizarrement, mais profondément peiné par cette putain de mauvaise nouvelle. Je suis bêtement sentimental, personne ne mérite une maladie aussi nulle, mais…quoi…Pratchett…sorte de figure vibrante au firmament de mes guides spirituels…tu t’en irais rejoindre le charnier des anciens combattants de l’écriture servant de piédestal aux nouveaux rigolos, déjà ?

C’est juste pas juste. Comme dirait Ron l’Infect : “Faichié”.