[La vie de Bouddha] Osamu Tezuka
mai 18, 2008Les éditions Tonkam présentent…
Je viens de finir le premier Tome de “La vie de Bouddha” d’Osamu Tezuka et je suis littéralement béat. Béat d’admiration pour le talent incroyable de ce conteur prolifique. Aussi variée que peut être son oeuvre et aussi déficiente que soit ma culture ; je n’avais jamais entendu parler de cette série de mangas retraçant la légende de l’éveillé. Je suis tombé dessus au hasard de mes errances à la médiathèque d’Aix hier après-midi et j’ai été d’abord étonné de voir un Tezuka dans ces étagères plus encombrées de Bleach ou HunterXHunter que de véritables classiques. Alors bon…on verra bien…
Oh la bonne idée que j’avais eu là !
Pendant un temps, j’ai lu pas mal de trucs sur le Bouddhisme. Par curiosité pour une religion qui n’en est pas vraiment une ; quelque chose de singulier, que ma conception de petit occidental tout imbibé de culture judéochrétienne avait du mal à appréhender. Aussi parce que le Japon, qui me fascine, est lui-même imprégné de Bouddhisme jusqu’à la moëlle de ses temples merveilleux que je verrais un jour (si).
Dans cette période d’investigation spirituelle, un indispensable ami, prophète à ses heures, m’avait prêté un livre : “Sur les traces de Siddharta” de Thich Nhat Hanh (maître Bouddhiste vietnamien réfugié en France et écrivain). Ce bouquin très malin retrace sans mysticisme ou autres sermons indigestes la vie du prince Siddharta, qui deviendra suite à un régime à base de racines, d’eau froide et de selles douloureuses, le Bouddha (en même temps qu’un excellent personnage de roman). Sur le modèle du périple initiatique, il propose une description pas à pas de la naissance d’un être éveillé. *
C’est donc en croisant mes souvenirs de ce livre (je te le rendrais Chouix, je l’ai toujours, désolé ^^) que je me suis plongé dans la lecture du manga de Tezuka.
Ehbien le point de vue n’est pas du tout le même…Tezuka adapte la vie du Bouddha à son roman graphique en prenant la voix du lyrisme, de l’épique et du fantastique. Mais comme toujours chez le Maître, l’agitation et l’humour (il y en a beaucoup) se mêlent au tragique (contrastant puissamment avec le trait relativement naïf de Tezuka) et au sensible. Les personnages sont extrêmement fins et attachants. Ils ont une vraie densité qui tend les fils de la narration à mesure qu’ils se téléscopent au grés des evènements. Et les valeurs mystiques coagulent leurs destins, dévoilant la trame cyclique et harmonieuse qui régit l’Univers Bouddhiste.
J’ai hâte de lire la suite !
* Je ne peux pas m’empêcher de vous décrire dans quelle situation je me suis retrouvé à lire ce bouquin…
J’étais alors en plein job d’été, emploi saisonnier ingrat et indispensable, où ma tâche consistait à ramasser 16546 tonnes de pommes Gala (les rouges, juteuses et collantes) par jour, en compagnie d’un soleil de plomb et d’une sacoche branlante à vider toute les 3 minutes dans une grande benne puante sans se faire choper par les guêpes. Je prenais ma pause de midi au bord d’une petite rivière, sur des berges désertes, au fin fond d’un chemin oublié. Complètement cramé et fourbu, j’avalais en speed un jambon-beurre-cornichon puis m’attablait face au bouquin, au pied d’un superbe peuplier très vieux et très grand. C’était puissant, j’entrais dans le récit avec un bonheur salvateur, et respirait la sagesse qui s’en exhalait en harmonie totale avec la quiétude qui m’entourait.
Jusqu’à ce que mon vieux Nokia se mette à geindre, car j’étais en sursit : les pommes n’attendent pas.



Publié par nikobo






