Rétro Barbare
Les barbares en slips sont si pathétiquement laids qu’ils forcent l’indulgence. Mais leur ridicule qui fut jadis à la mode (le temps d’une petite semaine j’imagine) fit beaucoup de mal au monde du jeu-vidéo. De nombreux prototypes de designs invendus de Conan se virent confier le premier rôle dans des jeux logiquement plus tournés vers le hack’n slash que le coaching cérébral. Si on peut retenir quelques bonnes petites boucheries sympatoches (à la Golden Axe pour ne citer que lui), je garde un souvenir douloureux d’une majorité de titres illustrant ces gros tas de viandes gorgées de testostérone…
Pourtant je reste indulgent envers ces braves brutes épilées. Il y a un coté attendrissant à voir ces gros bébés mouliner “rah! roh!” de la bâtarde de 50kilos contre des sprites de l’enfer à l’allure de hiboux empaillés par un taxidermiste manchot.
C’est avec émotion que je suis retombé sur cet immonde jeu qu’est Rastan Saga II par exemple. Je l’avais découvert sur la NEC Pc-engine de mon cousin quand j’étais gamin, et tout de suite la maladresse émouvante de Rastan m’avait touché. Handicapé par ses gros muscles, son sprite bouffi se débattait tant bien que mal à renfort d’animations ultra-raides, dans des tableaux trop étroits. Que ce jeu était mauvais… Mais pataud et si mal foutu qu’on avait envie de l’aimer, de lui trouver quelques qualités ou au moins de nobles intentions tant il n’avait rien pour lui.
Et sa musique……Aaaaah…cette musique…mélopée dissonante aux relents baroques crasseux, d’une laideur si insipide qu’elle est restée à jamais gravé dans ma mémoire auditive. Là où j’aurai oublié le simplement médiocre, l’outrageuse nullité de cette bande-son lui permet d’atteindre en mon coeur une certaine postérité…
Je vous laisse juge :
juin 9, 2009 à 11:35
Ouch, les sprites sont géants ! Le héros fait un tiers de l’écran, c’est énorme. Et quelle habilité dans le maniement de l’épée
Ceci dit, le catalogue de streums alors assez grand. Pas cohérent pour un sou, mais grand.
juin 11, 2009 à 11:14
Ouaip, le perso a les proportions d’un Wario dans Wario Land, mais la souplesse d’un bloc de béton quadriplégique ! Et là on était sur écran de télé, pas sur Gameboy, donc il faisait d’autant plus hypertrophié par rapport au reste.