Archive pour août, 2008

[La Horde du Contrevent] Mistral gagnant

Posted in Cûltûre on août 12, 2008 by nikobo

« Messeigneurs de la Frime, bonsoir ! Puisque nous nous connaissons, pour beaucoup, laissez moi écourter la chamarre et assourdir les violons ! Sur ce gradin en face de vous, rasés de frais, la mèche en vrille et la chemise en vrac, est placé tout à trac – en guenille pour les meilleurs, pour les autres en haillons – la poussière du désert, ou pour mieux dire : sa coagulation…

Ils sont l’orage marcheur ! Ils sont la foudre lente ! Ils sont de l’horizon les vingt-trois éclats de verre, les copeaux bleus et les tessons – j’annonce et vous présente, hirondelles et damoiseaux, nobles éologues et porte-drapeaux, la légende de cette terre : la Horde du Contrevent ! »

Moi ça me fait un frisson dans le dos. Il écrit bien ce con…

Tout de démesure, de lyrisme et d’ambition, le bouquin ‘La Horde du Contrevent’ d’Alain Damasio est – au point où j’en suis du récit – un coffret ocre et sauvage contenant une puissance furieuse qui s’échappe à chaque lecture en torrents de verbe chargés d’effluves mystiques et aventureuses, de sueur, de bave, de larme, de foutre, de pisse et de sang ; toute la mélasse de vie, mêlés dans le tourbillon des Vents. Et c’est beau.

La Horde contre. Elle parcourt le monde à rebrousse-vent en quête de son origine. Son périple nous est conté à travers les témoignages morcelés de ses vingt-trois membres.

Nourri par un imaginaire d’une puissance impressionnante dans une langue française admirablement maîtrisée, l’auteur se permet de fantastiques pirouettes descriptives, de brouillages de sens, nuances et glissements lexicaux absolument exquis. C’est savoureux, ça crisse, ça ronge l’esprit en y imposant ses nouvelles règles, ses nouveaux horizons. Pour l’instant l’expérience est très TRES plaisante.

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Ceci par exemple est la transcription d’un Furvent, une tempête extrêmement violente. La ponctuation sert aux Scribes pour tenir des « chroniques » des vents traversés, où chaque brise significative a son symbole. Ils noircissent ainsi des pages et des pages de carnets, emmagasinant des schémas et un savoir sur la structure du Vent et son aérorythmie.

Je retrouve parfois le goût des tempêtes de sable d’Arrakis, mais l’épice de la Horde, son moteur et son fléau est le Vent. C’est carrément passionnant.

Un conseil : lisez ‘La Zone du Dehors’, puis enchaînez avec ‘La Horde du Contrevent’, du même auteur, de même hauteur.

[God of War] Grand gore malade

Posted in Cûltûre, Jeux Video on août 7, 2008 by nikobo

Aaaah God of War…Je saisis l’occasion d’avoir tout juste recommencé le deuxième volet des aventures de tonton Kratos en mode Divinité (aïe les pouces) pour rédiger une compile de tout ce que je peux et aie pu penser de bien sur cette merveilleuse série (merveilleuse dans le sens vachement bien, pas dans le sens petites fleurs dorées et écureuils mignons).

God of War ou La Violence pour un peu moins de 70 euros (neuf)

Contrairement à pas mal de monde que ça choque, ou indiffère, je trouve bigrement intéressante la violence gratuite, juste pour le plaisir, qui caractérise les aventures sanglantes de l’ami Kratos. C’est extrême, cruel, ça brutalise la rétine, et nos neurones impressionnables car embués des larmes hypocrites de “la juste cause”…Mais il n’y pas de juste cause, de vengeance, de rancœur, qui légitime le meurtre… et Kratos le sous-entend dans sa poursuite autodestructrice de sa revanche contre les Dieux, les Hommes (et ce qui respire en général). Il se bat parce qu’il ne sait faire et n’a été créé que pour ça. Kratos est, d’un certain coté, beaucoup plus sain avec sa violence frontale, sa cruauté totalement désintéressée, bestiale, sauvage, instinctive, que les scènes de meurtres et destructions organisées en visée nocturne du haut d’un bombardier dans Call of Duty 4 (jeu par ailleurs excellent, bénéficiant de plusieurs niveaux de lectures, j’en causerai surement prochainement…). Dans les jeux de guerres lambdas, la violence est instrumentalisée par une cause, on nous la justifie en désignant clairement un (il ne manque plus que le panneau : ) Méchant, un pourri qui ne mérite surement pas de vivre…ce n’est qu’un sale prétexte pour faire jubiler nos bas instincts (mission principale du jeu) sans choquer notre petite conscience. Kratos, lui, assume complètement cette mission (nous faire jouir dans l’hémoglobine), et s’adonne dans la joie et les tripes, à sa boucherie dansante, désespérée et caricaturale sans aucuns scrupules et juste pour notre besoin de défouloir.

Certes, il y a d’autres moyens de se défouler ; torturer des fourmis, jeter des cailloux sur des voitures… mais Kratos est tellement plus pire.

« Je ne suis pas revenu pour vous ! »

L’histoire dans God of War n’est là que pour deux choses :

D’une part, créer un personnage. Mission qu’elle remplit parfaitement tant Kratos crève (aussi) l’écran. Cette masse d’instincts primitifs et bestiaux, à l’âme brisée par une tragédie sanglante, est superbe dans sa posture de héros mythologique rustre et brutal. L’image d’un gros rocher rugueux tout en haut d’une colline, n’attendant qu’un petit coup de pied sur le flanc pour dévaler la pente et tout ravager sur son passage illustre bien ce qu’est le personnage au début du premier God of War. Pour lui, et j’emprunte là une image copyrightée Terry Pratchett (à propos des Grands Dragons) “ce qui se rapproche le plus d’un ami, c’est un ennemi encore en vie.”.

Deuxième mission de l’histoire : structurer un level-design et une progression de la difficulté. Ce n’est pas un moteur qui pousse le joueur à continuer pour tenter de répondre à des “pourquoi, comment ?”. Dans God of War, la violence et la barbarie structurent tout choix (qu’ils soient esthétiques, de gameplay, de son, de scénario…) et l’histoire est un outil structurant cette expérience de jeu dans le temps. Elle est là pour justifier les différentes respirations de gameplay (temps « morts », temps forts, QTE, boss…). Ce n’est pas dévalorisant car c’est un rôle crucial, qui, s’il n’est pas correctement remplit, invalide toute sensation de cohérence et d’aboutissement.

De plus le détournement qui est fait de la mythologie Grecque est très intelligent, respectant la perversité et l’imperfection des Dieux antiques tout en apportant une nouvelle lecture de la cosmogonie, mêlée à des thèmes modernes (les hommes ballottés au grès des querelles entre leurs dirigeants intouchables,  chairs à canon serviles et aveugles, le lien entre Divinité et Technologie…).

Bitzèmol

La “violence pour la violence”, telle qu’elle est proposée par Kratos, est dans son approche totalement liée au gameplay. Elle sublime la sauvagerie, l’habille d’une chorégraphie improbable et d’effets chatoyants, tout en avilissant son héros (au rythme d’une histoire, donc), le rabaissant à son rôle de machine à hacher du vivant (sans distinction de bons ou mauvais), tout en le hissant au rang d’icône ; donc intouchable par une quelquonque morale. L’outil Kratos, n’est qu’une catharsis d’un penchant inné pour la violence gratuite qui se cache plus ou moins en chacun de nous, restituée dans son expression la plus pure.

Concernant les musiques, elles sont…comment dire…tonitruantes, et judicieusement composées. Pour pousser plus loin l’esthétique « bourrine » du jeu, les concepteurs auraient pu tomber dans la facilité et choisir…hmm…par exemple, du Metal ? Mais le heavy-metal dans un jeu à ambiance antique, on y a déjà eu droit avec Prince of Persia -Warrior Within, et j’avais trouvé ça franchement indigeste (aussi jurant qu’un pull-over à motif pied-de-poule sur un Metal Gear Ray). Les développeurs de God of War en tapant dans l’épique(…) ont choisi la cohérence ; les vrombissements des cuivres nous rappellent les charges militaires ou autres chevauchées des Valkyries (sommes toutes, des Odes à l’Amour) et portent magistralement les pirouettes sanglantes du Spartiate en sandales..

En somme, God of War est une des rares œuvres vidéoludiques à être tout à fait honnête avec le client. Il assume effrontément son parti pris original, ne prétend rien d’autre, et s’offre tout entier au joueur, saveur intégrale.

“Je me sens comme qui dirait au bord du burnout…”

Où es-tu mois de Juillet, yeah yeah !

Posted in Soit dit en passant... on août 4, 2008 by nikobo

Bah. Comme ça, sans prévenir, pendant un bon mois, j’ai eu comme qui dirait un blanc.

Pas d’inspiration, pas envie. Pas la moindre vague d’indignation ou de jubilation…Pourtant, il y avait de quoi.

Il y a toujours matière à disserter, dans le grand tumulte du ouaibe. C’est en parti pour cela que j’aime bien bafouiller sur ce blog. Je mêle mon flux de paroles à celui de millions d’internautes dans un dialogue de sourd fleurant bon le brassage d’air. J’y trouve mon compte en disant exactement ce que je veux, ce qui est impossible dans mes tentatives littéraires vaseuses (dépendantes d’une histoire, d’une narration et d’une structure, même torturée), ou même dans mes mails (qui ont un destinataire et un objet, même vague). Là je peux utiliser le nombre de caractères que je veux pour écrire n’importe quelle insanité sans risquer de me faire bannir par un modérateur ou un importun de passage. Hoar hoar, glglglglgl, prout prout, bite caca, merde merde, poil crotte, rachida dati, cul poil zob. (ha ? non, rien, ahahah, je me lol).

Et évidemment, je peux aussi décider que, bah, comme ça, pendant un moment, je n’écris plus rien.

Pour ceux qui suivent avidement (ils existent, je le sais, j’en fait parti) mes aventures rocambobolesques, voici ce que vous avez raté (pas moi, j’ai des entrées privilégiées et des infos de premières mains).

Un mois de juillet crématoire, avec un soleil envahissant et affectueux (ma peau ne se remet pas de sa morsure). La découverte des écrivains Louis-Ferdinand Céline (Mort à Crédit) et Marc-Edouard Nabe (Alain Zannini), pas forcement dans cet ordre. L’écoute prolongée et à volume approprié de Motörhead. Une orgie d’œuvres traitant de robots : Ergo Proxy, Blade Runner au CINEMA (au CINEMA les gens !!! RAH LOVELY !!!), Wall-E (un joli bashage du consumérisme frénétique)… Je me suis quand même relativement indigné en suivant l’affaire Siné, et la mascarade écœurante qui la prolonge (Charlie’s dead, comme dirait Maester). J’ai eu 47 crises d’épilepsies en suivant la convention Blizzard en stream, et en particulier l’annonce de Diablo III (AAAAAAAARHblblblblbblblblbl). Puis je suis retombé en hypersommeil au fur et à mesure que les non-nouvelles du non-evennement qu’était l’E3 tombaient mollement comme des flaques de beurre fondu sur le 19 pouces dalle plate que j’ai au boulot.

Boulot : la tête dans le guidon.

Ma môman est venue squatter un weekend et m’a fait profiter d’un moyen de transport plus pratique sur autoroute qu’un vélo rouillé et crevé (30 euros les deux pneus, blâme!, lui non plus n’aime pas le soleil). Résultat, j’ai vu que la région PACA était bien différente du Poitou-Charente. Après 3 mois, qui l’eut cru ?

Et puis voila, c’est à peu près pas franchement tout. Y’en a d’autres, surement des jeux vidéo (hmm…Revenant Wings ? Pas si mal… Persona 3 ? un peu décroché…Soul Bubbles ? facilité insultante, bah…etc…etc…), des BDs (hmm..le Génie des Alpages, ça décoiffe le neurone), j’en oublie…Bah.

J’en suis à presque 500 mots (super ce gadget), ça fait un petit résumé pas trop indigeste j’espère.

En routes vers de nouvelles aventures !