La Nature du Challenge

Posted in Cûltûre, Jeux Video, Soit dit en passant..., vidéos on décembre 8, 2009 by nikobo

« De toute façon, j’aime pas les FPS/RPG/Survival Horror/genre de votre choix. »

Comment expliquer cette affirmation rédhibitoire, comme un panneau DEAD END devant un précipice coupant la route vers tous les paysages qui composent un Genre, là-bas, à l’horizon de nos goûts ?

Certains répondent simplement que parfois, le chemin qui y mène est trop rude, semé d’embuches qui au final découragent : on se dit que le jeu n’en vaut surement pas la peine, à priori. Alors on rebrousse chemin et on retourne chez soit, au chaud.

D’autres tentent l’aventure et se perdent en route, lassés ou dégoutés par les traditions étrangères, égarés dans un brouillard d’incompréhension, meurtris par les intempéries exotiques de régions qu’ils ne connaissent pas, rebutés par une adversité qu’ils comprennent mal.

quel est le fuck affichage tête haute ?

Enfin, certains courageux traversent les marécages des préjugés et entrent sur des terres inconnues, aux aguets, ouverts et attentifs à chaque nouveauté, prêts à en découdre, pour la gloire, pour eux-mêmes, pour le Savoir.

Cette démarche est un combat contre le confort, contre la stabilité, contre la sédentarisation intellectuelle. C’est une forme de challenge personnel, de nomadisme culturel qui est un des moteurs d’évolution fondamentaux de la culture en général et de la personne en particulier. Elle existe en contraste avec l’autre démarche qui caractérise, comme les deux cotés d’une même pièce, une autre catégorie de joueur, réactionnaires et plus enclin à exploiter jusqu’à la moelle la plus infime parcelle de gameplay identifiée avant de passer à une autre, éventuellement, si cela ne remet pas en cause leurs acquis passés.

Dans ces pays ultra-nationalistes de joueurs réacs et surdoués, aux frontières bien délimitées et gardées par des hordes de fanboys hystériques et de miradors 2.0, se dressent d’étincelants monuments de Jeu Vidéo. Ainsi, le building « Megaman » et ses étages 1, 2, 3, X, Z, ZX, 9… élevant à partir de mêmes bases un édifice de gameplay de plus en plus riche mais de moins en moins accessible, le gigantesque colisée « Street Fighter » et la clameur qui s’élève de ses arènes depuis plus de 15 ans, j’en passe et des moins bons…

En ces temps de remise en question du jeu-vidéo, que cela soit par l’angle casual en passant par le pro-gaming, la polémique sans fin sur le statut d’Art, la dématérialisation des supports, etc… ces grandes « nations » sont ébranlées par de nouveaux concepts, de nouvelles idées, qui viennent lentement mais surement corroder la toute puissance de leurs institutions séculaires.

Et les joueurs tremblent. Ils flippent même grave à l’idée de perdre leur statut de Gamers (prononcer gaïmeurze), s’enfonçant de plus en plus dans un protectionnisme rétrograde (pléonasme) qui encourage les suites de suites et la consanguinité des idées.

Si seulement il leur venait le courage de s’ouvrir aux potentiels de ce qu’ils ne connaissent pas…Mais non, heureux dans leur monde en vase clôt, ils végètent et tirent l’industrie par le bas (instinct).

Observons de plus près ce peuple étrange : le Gamer déploie des trésors d’ingéniosité pour masteriser un gameplay, s’épuise des heures les yeux et les neurones dans l’unique but de pouvoir afficher à sa communauté « qu’il l’a fait », et qu’il n’est pas n’importe qui, par conséquent. Il boucle et reboucle le même jeu, inlassablement, se conditionne les réflexes pour mieux briller, dans le style et la performance. Dés qu’une suite arrive, c’est le messie. Mais le changement n’est pas le bienvenu : l’amélioration des bases, l’optimisation toujours plus poussée de la structure originelle sont les seules réelles attentes.

Masteriser un gameplay.

Certes, vu comme ça, on pourrait s’effrayer de telles pratiques, stériles et glauques, réduisant des êtres humains pourtant aptes aux joies de la Vie dans toutes leurs exubérances, à l’état de machine à performances autistiques…

Mais, ils sont utiles, comme des rats de laboratoires passant leurs existences à tester et éprouver différentes recettes, ils permettent de concevoir des produits relativement équilibrés et accessibles pour les humains. Et même pas besoin de les obliger à rester dans leur cage, ils se forgent eux-mêmes les barreaux.

« De toute façon, j’aime pas les FPS/RPG/Survival Horror/genre de votre choix. »

Qu’on ne vienne pas me contrer avec l’argument du « Challenge » tout puissant. Oui, le Challenge est concrètement ce qui fait le jeu. L’envie d’allumer sa console est liée à un désir de confrontation, de défis, offerts par le jeu et son Challenge. Mais quel est le Challenge le plus sain ?

Celui qui nous confronte à nos tabous moraux, nos angoisses , nos désirs ou nos préjugés ou celui qui nous confronte à un compteur de score ?

Celui qui nous met en compétition avec un système nous réduisant à l’état de singe savant reproduisant des séquences consciencieusement mémorisées en nous donnant une petite friandise en cas de succès ou une petite tape sur l’oreille en cas d’échec ou celui qui nous met face à nous-mêmes, à ce que nous jugeons, pouvons et pensons devoir faire d’un système suivant notre sensibilité ?

Ainsi, en ces temps troubles où on ne sait plus vraiment où se situer dans notre pratique du jeu, et en écho avec le merveilleux débat populiste qui remue la merde dans notre beau pays de fachos mous, je propose de lancer un débat sur l’identité du Gamer. Et toi, quel joueur es-tu ? (et dénonce ton voisin addict à Modern Warfare 2)

Moi, en tout cas, je peux pas piffrer les jeux de sports.

L’histoire du Petit Roi

Posted in Jeux Video on septembre 2, 2009 by nikobo

A la mémoire de Kimakari, Liza et de leur petit Enéo.


« Le chef est celui qui prend tout en charge.

Il dit : « J’ai été battu ». Il ne dit pas : « Mes soldats ont été battus ». »

Antoine de Saint-Exupéry


Le fracas des plaques d’armures faisait frémir la prairie. La colonne des valeureux guerriers chantant la gloire de leur patrie avançait à bon rythme, les encouragements sincères de leurs familles, pleines de fierté et d’espoir, résonnant encore à leurs oreilles. Les chiens couraient derrière, jappant d’inquiétude face à cette agitation inhabituelle.

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C’était une belle journée pour faire la guerre. J’avais pris la décision de lancer une offensive d’envergure ce matin là. Nos ennemis menaçaient depuis trop longtemps la quiétude du Royaume, à la lisière de nos terres, corrompant des régions à leurs obscurs desseins. Aucun repos n’était possible sous la menace constante de ces puissances démoniaques rôdant à nos portes. Le bucheron moustachu et la gironde fermière vivaient constamment sous le couperet d’un conflit inévitable. La beauté de notre pays cachait l’angoisse sourde qui se répandait dans le cœur des habitants…des cauchemars de sacs et de pillages…Mon conseiller militaire était formel et sa fougue ne le rendait que plus convaincant : nous étions condamnés à nous battre.

C’est ainsi qu’en ce jour ensoleillé, je réunis mes armées et lançait la plus grande campagne militaire que notre petite nation ait connu. Je me souviens avec émotion de ces visages tournés vers moi, emplis d’une foi sereine, d’une confiance absolue en mes desseins. Je n’oublierai jamais cette liesse quand je les encourageais à se rendre chez le fleuriste pour parer leurs uniformes de couleurs et d‘odeurs printanières. Nous nous battions pour la vie, pour le futur de leurs enfants, ce symbole réchauffait le cœur des jeunes recrues et gonflait la poitrine des vétérans d’une fierté légitime.

« Enéo deviendra un grand archer, comme sa mère. » Me confia Kimakari, un de mes plus valeureux soldats. Marié depuis la veille à Liza, chasseuse émérite douée d’un sens inné de la balistique et d’une chevelure d’or éblouissante, son regard grave semblait malgré tout soucieux derrière sa visière d’acier. Non sans émotion, je lui confiais une arme unique, comme gage de ma confiance en sa valeur.

Les premières heures de l’offensive n’apportèrent rien de tragique. Les soldats étaient entrainés, motivés et joyeux, rien ne semblait pouvoir les arrêter. Pourfendre les démons et créatures sauvages qui peuplaient les vallées alentours échauffait leurs esprits d’une saine rage de vaincre. Je gardais mon sang-froid à quelque distance de la mêlée, conscient que la situation pouvait basculer d’un moment à l’autre.

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C’est en arrivant dans le défilé, où soufflait l’haleine putride d’un pays dévasté par le Mal, que les premiers troubles nous ralentirent. De lâches diablotins nous avaient repéré malgré notre vigilance, et, juchés sur les hauteurs, inaccessibles à nos épées et à nos flèches, nous jetaient des roches cruelles. Comme Roland à Roncevaux nous étions piégés par un terrain défavorable et des ennemis sans honneur. Les cris de douleurs et de frustrations des soldats se mêlèrent bientôt à mes ordres, que je dispersais frénétiquement, cherchant une échappatoire à cette désespérante situation. C’est ainsi, au prix de sales blessures et d’une impitoyable percée dans le canyon hostile, que nous sommes entrés dans l’enfer de la bataille.

La suite n’est que hurlements et fureurs. Mes souvenirs se brouillent à l’évocation de ces événements. Je revois des hordes de démons, les cornes souillées du sang de mes hommes, déroulant leurs entrailles sur le sol d’un désert de terres mortes et de cendres. Était-ce réel ou mon esprit avait déjà cédé ? J’entends leurs cris, leurs supplications. Je me revois hurlant des ordres, désespérés et furieux, en proie à une fièvre sanguinaire, poussant mes braves vers la mort. Je revois leurs yeux pleins de terreurs et de larmes, leur regard pourtant confiant envers moi, plein d’une foi en leur Roi que même l’approche de la mort n’aura su leur enlever. Et moi, leur Roi, vociférant, insultant les mutilés, renvoyant rageusement les fuyards au charnier, en proie à un désespoir écarlate, un voile de feu me bouchant la vue, je les ai tous vu se faire massacrer. Jusqu’au dernier. Tous.

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Quand à la nuit je revins au Royaume, hagard et seul, au prix d’une course effrénée pour sauver ma pitoyable peau, rien ni personne ne m’accueillit. Les villageois étaient en leurs chaumières, adressant des prières à leurs parents au combat. Comme un fantôme, je me dirigeais sans bruit vers la salle du trône où, pensais-je innocemment, je pourrais retrouver la Force de mon rang et le repos de mon âme.

Howser, mon conseiller militaire avec qui j’avais dressé les plans de l’assaut, m’accueillit comme si de rien n’était, dressant le bilan de la journée – négatif cela va de soit – mais m’encourageant de manière pragmatique à poursuivre mes efforts.

Sous ce sourcil épais étincelait le regard d’un fou. Je compris alors toute l’ampleur de mon erreur.

Le lendemain, sur la plage, la marée charriât quelques corps où perçait encore miraculeusement un souffle de vie. Des soldats de l’assaut de la veille étaient revenus de la mort ! Mais leurs souvenirs éteints et leurs regards purs et toujours dévoués furent pour moi encore plus cruels que les reproches ou la haine.

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[The Last Guardian] Trico de peau

Posted in Graphisme, Jeux Video on juin 12, 2009 by nikobo

LG

La fournée de screenshots HiRes de The Last Guardian faisant suite à l’E3 est riche en informations sur le projet prometteur de l’illustre Team Ico. Au delà de l’incontournable patte graphique, toujours aussi singulière et maitrisée (cependant, la surprise est passée), on remarque encore une fois la résurgence des thèmes chers aux productions de l’équipe. Un communiqué faisait même part de la volonté de mixer les idées de gameplay d‘Ico & Shadow of the Colossus dans une même œuvre synthétique.

Pourquoi pas ? J’avoue ne pas être emballé plus que ça par ce choix que je trouve un peu frileux. Cependant, je m’attends à un jeu fabuleux, et je pense que ce sera l’argument qui me fera pencher vers l’achat (inévitable) d’une PS3 dans un futur proche mais incertain.

Un détail a particulièrement attiré mon attention : les tatouages du héros, petit bonhomme présentant un furieux air de famille avec Ico. Dans mon souvenir, ce dernier n’avait pas de tatouages, pas plus que Wanda, de Shadow of the Colossus. Je me demande ce qui a motivé cet « ajout ». Le fait de pouvoir le faire, avec du détail, grâce à la puissance de la current-gen ? J’aimerai pouvoir y trouver une signification plus poétique.

tattoo

Ayant été sensibilisé (sans être tout à fait convaincu) au thème du tatouage récemment par une amie de passage -  jusqu’alors j’assimilais cette pratique à de sombres motifs pseudos-gothiques déprimant et/ou moches, du kitsch de roadie ou des clichés de biceps de marins gays – j’avoue placer quelques attentes dans cet infime détail, y cherchant un background potentiel.

Et il faut aussi avouer qu’il est très joli, ce tatouage (et que le p’tit gars a du en chier vu sa complexité et la surface qu’il semble recouvrir).

[sic] « C’est bien ce que je pensais : il a les fois. »

Posted in Cûltûre, Soit dit en passant... on juin 11, 2009 by nikobo

Je continue mon exploration de l’œuvre de Marc-Edouard Nabe. Après m’être farci les tomes 1 & 2 de son journal intime (miraculeusement trouvé – car plus édité – à la médiathèque de Marseille, l’avantage des grandes villes), qui font quand même plus de 1400 pages chacuns en petits caractères, j’ai fait une pause sur un bouquin plus léger (en nombre de mots) « Visage de Turc en pleurs« .

Un passage, je n’ai aucune idée de pourquoi, m’a particulièrement frappé. Je le recopie ici :

J’ai toujours eu la foi, ou plus exactement les fois, une multitude de fois. Puis je me suis aperçu, tout bonnement, que toutes ces fois n’en formaient qu’une. Tout le monde croit en Dieu. Dés qu’on dit :  » C’est pas un hasard « , on est croyant.

La « Foi », moi, je n’y crois pas. C’est trop flou. C’est comme l’extase : certains – qui ne l’ont jamais ressentie – voient ça comme un abandon plus ou moins déliquescent de la conscience, alors qu’il s’agit – vous pouvez me croire – d’une lucide plénitude de tous les instants. Ainsi la  » révélation  » est bien superflue, en tout cas elle ne dispense personne de vivre sa foi. L’important n’est pas de  » croire en Dieu « . Laissons ces vulgarités aux protestants, ce sont eux qui ont inventé la croyance. Au Moyen Age, l’air qu’on respirait était religieux. Tout a été pollué par les humanistes, puis par les Lumères qui sont le véritable obscurantisme. Se demander si l’on croit ou non est aussi ridicule que de demander à une femme si elle est faite pour avoir des enfants.

Avoir la foi…est une phrase suspendue qui n’a pas besoin de s’achever en  » Dieu « , c’est-à-dire dans le vide. Croire, croire en quoi ? En Dieu…Avoir la foi…En quoi ? En rien, en tout, avoir la foi, c’est tout.

Marc-Edouard Nabe , Visage de Turc en pleurs, 1992

Je trouve ça brillant. Je ne sais pas si je suis d’accord, mais j’admire vraiment la clairvoyance et la pertinence de l’analyse et du point de vue. Ça me semble sensible et juste.

Les journaux intimes de MEN sont aussi de vastes plages de mots où percent des pensées fulgurantes, qui chroniquent la vie d’un type qui vécu dans le sillage de certains de mes héros (tels Choron, Cavanna, Siné…) et de grandes figures de la fin du XXème siècle (d’immenses Jazzmen à de grands cinéastes disparus en passant par des écrivains et proches d’écrivains fabuleux).

A coté de ça, je lis « Les Martiens« , de K.S.Robinson, qui fait « suite » à la Trilogie Martienne (Mars la RVB ), plusieurs petites nouvelles éparpillées sur la vaste chronologie de la trilogie, où l’on retrouve quelques petits récits de guests comme les Cents Premiers, certains des Issei et Nisei ou différents colons, parachevant l’édification de cette immense fiction prospective d’une érudition phénoménale.

Pffiou, en bref, je me gave. Et c’est de la bonne.

Rétro Barbare

Posted in Jeux Video, vidéos on juin 8, 2009 by nikobo

Les barbares en slips sont si pathétiquement laids qu’ils forcent l’indulgence. Mais leur ridicule qui fut jadis à la mode (le temps d’une petite semaine j’imagine) fit beaucoup de mal au monde du jeu-vidéo. De nombreux prototypes de designs invendus de Conan se virent confier le premier rôle dans des jeux logiquement plus tournés vers le hack’n slash que le coaching cérébral. Si on peut retenir quelques bonnes petites boucheries sympatoches (à la Golden Axe pour ne citer que lui), je garde un souvenir douloureux d’une majorité de titres illustrant ces gros tas de viandes gorgées de testostérone…

Pourtant je reste indulgent envers ces braves brutes épilées. Il y a un coté attendrissant à voir ces gros bébés mouliner « rah! roh! » de la bâtarde de 50kilos contre des sprites de l’enfer à l’allure de hiboux empaillés par un taxidermiste manchot.

C’est avec émotion que je suis retombé sur cet immonde jeu qu’est Rastan Saga II par exemple. Je l’avais découvert sur la NEC Pc-engine de mon cousin quand j’étais gamin, et tout de suite  la maladresse émouvante de Rastan m’avait touché. Handicapé par ses gros muscles, son sprite bouffi se débattait tant bien que mal à renfort d’animations ultra-raides, dans des tableaux trop étroits. Que ce jeu était mauvais… Mais pataud et si mal foutu qu’on avait envie de l’aimer, de lui trouver quelques qualités ou au moins de nobles intentions tant il n’avait rien pour lui.

Et sa musique……Aaaaah…cette musique…mélopée dissonante aux relents baroques crasseux, d’une laideur si insipide  qu’elle est restée à jamais gravé dans ma mémoire auditive.  Là où j’aurai oublié le simplement médiocre, l’outrageuse nullité de cette bande-son lui permet d’atteindre en mon coeur une certaine postérité…

Je vous laisse juge :

Amicalement vautre

Posted in Graphisme, Soit dit en passant... on juin 4, 2009 by nikobo

l_c32cee230be946ef99ac1b547acf9cc3Normalement, c’est pour ce weekend. J’ai un peu le trac.

[E3] La Vieille République

Posted in Jeux Video, vidéos on juin 3, 2009 by nikobo

Je n’ai jusqu’à présent pas trop suivi l’E3, pas vraiment client du teasing racoleur des grosses machineries. Mais hier soir, le père Jangho , dans son infinie mansuétude de gros geek fini, m’envoya le lien du nouveau trailer du MMO Star Wars : The Old Republic.

Et ça a fait vibrer ma fibre nostalgeek comme jamais.

Je me suis rappelé ces tortures inhumaines que nous nous infligions avec le compatriote Pixoshiru, lors de soirée marathon à base de visionnage de la première Trilogie (VHS siouplé) d’une traite, suivi d’ un Trivial Pursuit de la galaxie très lointaine (« Echo 3  à Echo 7 »). Des beuglements de Chewie venaient troubler la quiétude tiède de la campagne Sarthoise d’une nuit d’été 1999.

Putain, 10 ans. (Athénaaaaa !!!!1!1)

Tout ça pour dire que ce trailer est très bien. Bien mieux que tout ce qui a été fait sur Star Wars depuis quelques années. J’y ai retrouvé l’esprit de la Force et pour un peu j’attendrai presque le jeu.

Prohibition

Posted in Non classé on juin 2, 2009 by nikobo

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C’est la nuit. Les néons crachotent leurs éclairs d’un rose incertain, perçant l’opacité nocturne d’un crépitement irrégulier. Les pavés humides et sales reflètent les lueurs de la rue et forment des halos évanescents dans la brume citadine se déchirant sur les contours sombres d’une silhouette courbée.

Déambulant d’un pas anxieux mais déterminé au milieu d’une chaussée déserte et silencieuse, comme traquée par une culpabilité palpable, un homme se dirige vers l’enseigne brillante « Au Renard Gris », qu’il gratifie d’un hochement de chapeau entendu. Il pousse ensuite doucement, comme dans la crainte d’un hurlement de charnière récalcitrante, la porte battante du bouge enfumé.

Analysé sommairement par le système de répression de l’ivresse publique automatique, grésillant de rhumatismes électroniques, il opte pour un sourire niais à l’adresse du scanner d’identité plus tout jeune. Après une longue recherche dans sa banque de donnée poussiéreuse, l’engin déclame prophétiquement un « Bienvenue Monsieur Bernoulli » avec une voix de hall de gare enrhumée tandis que Monsieur Bernoulli prend place sur un tabouret de platine usé. Penché sur le bar, se réchauffant les mains sur l’antique cafetière, il toussote discrètement, du genre de toux sûrement plus provoquée pour attirer subtilement l’attention que pour éjecter une poussière chatouilleuse du larynx.

Le barman, petit homme sans âge aux cheveux brillants (par leur absence pour la plupart), lève la tête de la série de chopines qu’il s’occupait à lustrer amoureusement et semble enfin remarquer la présence de son client tardif. Avec un sourire entendu, il déambule jusqu’à la hauteur de Bernoulli, après avoir délicatement tapé du pied sur le juke-box déglingué, susurrant une suave symphonie de saxophones.

« B’soir cher ami. Qu’est-ce que je peux faire pour vous ? Siffle-t-il au visage sombre de Bernoulli.

« Salut Nook. Il fait froid dehors, j’ai besoin d’un bon remontant. »

« Oké. Un cocktail maison ? Un chocolat ? Un café ? »

« Un Bloody Mario, Nook, comme d’habitude… »

Le faciès de figue séchée du barman se fend d’un sourire carnassier lorsqu’il prononce :

« Bien sûr Bernard, je n’en attendais pas moins. Je vais chercher la sauce tomate, l’ami. Pour l’instant, suivez Mademoizelle Peach, elle a une petite gâterie spéciale pour les clients fidèles. »

Bernard soupir et adresse un sourire sans joie à la jeune serveuse. Celle-ci s’empare d’un mouvement impérieux de son bras et le tire brutalement de son siège.

« Etes-vous en forme ce soir, vieux singe ? J’ai de nouveaux joujoux qui ne sauraient que vous plaire, ne me décevez pas ! »

Suivant d’un pas de somnambule la jeune femme, se lovant dans les couloirs en chaloupant comme un félin traînant sa proie jusqu’à sa tanière, Bernard baisse les yeux d’instincts lorsque la fine main diaphane de son guide lui tend une cigarette.

« Allez, détendez-vous mon vieux, il ne vous arrivera rien. Depuis le temps qu’elle dure cette foutue prohibition, nous avons rodé nos petites astuces. » Elle allume sa clope et ajoute dans un soupir « Et puis la vieille fouine sait ce qu’elle fait, Nook a des amis hauts placés vous savez. Et ce serait comme lui retirer sa raison de vivre… ».

Bernard, de derrière un sourcil nerveux, plonge un regard fiévreux dans le bleu des yeux de la jeune femme.

« Peach, magne-toi. Et essaye pas de me faire croire que votre petit bizness est sans risques. Vous n’êtes pas à l’abri d’une descente de flics dans votre trou, aussi miteux soit-il. »

« Pas à l’abri d’une descente de flics, tu dis ? Ou bien d’une taupe, non ? Les trous miteux, c’est leur monde, aux taupes. N’est-ce pas ? » Dit la serveuse en crachant un mince filet de fumée au visage de Bernard, désormais livide.

Celui-ci ouvre la bouche, puis sans un bruit, la referme.

« T’es un pauvre con Bernoulli. Si on était tous comme toi, ça ferait longtemps que plus personne prendrait le risque. Mais c’est ça qu’on aime pourtant, hein, vieux rat … » Prononce la jeune femme d’une voix triste. Adossée au mur, la tête baissée découvrant son mince cou pâle, elle semble sangloter en silence tandis que Bernard, penaud, remarque comme la serveuse paraît fragile et belle dans la faible clarté du vieux néon.

« Euh … » commence t’il. Mais la fille relève brusquement la tête et un mouvement vif de sa chevelure lui rend son aspect de prédateur, nouant la langue de Bernard qui s’étouffe dans un « Aargh. » pitoyable.

« Allez viens. » Dit-elle en l’empoignant brutalement.

Après quelques couloirs sombres et silencieux, ils s’arrêtent devant une porte gravée d’un bouclier qui dû être bleue un jour, et aussi avoir une poignée.

La serveuse glisse une main dans sa manche et en ressort une petite pièce de métal poli frappé en creux d’une forme d’écu médiéval, qu’elle introduit dans la serrure amputée. Ouvrant la porte d’un déclic, elle annonce à la pénombre « C’est moi. J’amène un client. »

Dans un soupir, elle entre dans la pièce obscure, entraînant Bernard. Ici et là sont disposés des tables rondes, couronnées d’individus cachés par leurs écrans, disposés en cercle. Quelques visages se lèvent, les yeux embrumés, le casque sur les oreilles.

Dans la soufflerie paisible des machines, la serveuse se faufile jusqu’à une borne massive poussiéreuse et partiellement recouverte de vestiges de peintures et d’autocollants.

« Regarde ! dit-elle d’un ton joyeux, presque juvénile. C’est une antiquité qu’on a découverte dans un pays lointain. Ça remonte au tout début ! »

« C’est…c’est quoi le principe ? » Murmure un Bernard intimidé, « ça a l’air si vieux… » Poursuit-il d’un souffle où se lit une sorte de crainte mêlée de respect.

« Je crois qu’il faut simplement détruire les petits carrés qui bougent en haut avec le petit rectangle que tu contrôles en bas, sans se faire toucher par les pixels qu’ils t’envoient. »

Bernard, écarté de la borne par une distance dévote, se rapproche de l’écran et jette un œil gonflé de curiosité par-dessus l’épaule de la jeune femme.

« Regarde ! Tu peux te protéger derrière les blocs bizarres en bas ! » S’exclame t’il, en jubilant d’une excitation avide, les mains maintenant crispées sur le plastique rayé.

Sur l’écran, un petit rectangle brillant lutte pour sa survie en slalomant sous une pluie de projectiles meurtriers et ripostant furieusement à coup de canon à pixel.

La porte du bar explose. Nook, complètement prit au dépourvu, reste pétrifié tandis qu’une rafale vient pulvériser les verres qu’il avait soigneusement alignés sur le comptoir. Une balle lui perfore la poitrine. S’affaissant doucement, il murmure dans un souffle « Continue ? » tandis que la Brigade Anti-Fraude s’engouffre dans la salle et investit chaque recoin.

Les pas des agents résonnent dans les couloirs. Du sous-sol, les joueurs perçoivent les bruits de courses. Des regards terrifiés fixent la porte. Qui explose elle aussi.

C’est la panique. Chacun essaye de se frayer un chemin entre les chaises, les machines, les câbles et les autres fuyards. Bernard, perdu dans la contemplation du jeu préhistorique lève soudainement la tête, et échappe un « Oh merde… ». Il empoigne Peach par le bras et l’entraîne, abasourdie, derrière une autre borne. Cachés dans la pénombre, ils perçoivent les bruits étouffés des coups de feu et des cris de douleurs (ou d’agonie).

En silence, Peach désigne d’un coup d’œil furtif une petite bouche d’aération à peine plus large qu’un écran 19 pouces. Après un décompte de trois (de circonstance dans ce genre de scène d’action au suspens insoutenable), les deux fuyards s’élancent au travers de la salle. La serveuse plonge dans le conduit, sans problème majeur. Alors que Bernard s’apprête à prendre son élan pour la suivre, un coup de feu le clou au sol. Un agent s’approche de lui. Bernard murmure un « Casse toi. » inaudible en fixant la figure consternée de la jeune femme, à l’autre bout du conduit. L’agent lève une matraque, Bernard espère que sa jauge d’HP est au maximum. La dernière image reçue par son cerveau avant de tomber sur le sommier d’ouate de l’inconscience est celle de la serveuse s’enfuyant dans une rue sombre, vu au travers d’une lucarne à peine plus large qu’un écran 19 pouces.

Fondu au noir.

De sa cellule, Bernard se demande quel moyen le plus divertissant lui est offert de se suicider sans trop souffrir. Perdu dans une contemplation fanatique de ses chaussettes, il s’entend prononcer à l’adresse de son voisin. « Tu crois que Peach s’en est sortie ? »

L’autre, un jeune homme maigre à l’air endormi, sort de sa transe silencieuse et regarde Bernard d’un œil morne. « Osef mec ! D’toute façon, c’est foutu pour nous tous. Ceux qui sont morts ont eu d’la chance. Et si on sort un jour d’ici, ça m’étonnerai qu’on puisse jamais recommencer toussa. »

Bernard s’enlève une chaussette. « Tu crois que si je l’avale j’arriverais à m’étouffer ? »

Un gardien hurle depuis la fente de la porte. « Détenu Bernoulli, un colis pour vous ! »

C’est un gâteau. Un cake plus précisément. Le genre de pâtisserie qu’on suspecterait de dissimuler une lime. C’est sans doute pour cela que personnes n’a prit la peine de l’autopsier –se dit Bernard- on n’a pas de barreaux. D’ailleurs, on n’a même pas de fenêtres.

Mais qui a bien pu m’envoyer un truc pareil ?

Sans joie, il commence à découper le gâteau, par pur réflexe. Il bute sur quelque chose de dur.

Ce n’est pas une lime. Ni une arme. C’est un petit objet parallélépipédique muni d’un petit écran et de deux boutons usés. Bernard se dit alors que Peach est sûrement encore en vie.

Dans un frémissement orgasmique de tout son épiderme, il s’emmitoufle sous la couverture de sa couchette et allume l’objet saint. Un « tidoum !» harmonieux perce faiblement le silence.

J’ai exhumé ce texte d’une pile de vieux octets encombrant un coin de mon disque dur depuis ma deuxième année de bozar. Je n’ai pas pu résister à l’envie de m’en soulager une bonne fois pour toute en le publiant ici. (test de skin…pas convaincu…)

[ouii] Wii Music

Posted in Jeux Video on juin 1, 2009 by nikobo

La forme actuelle du ChokazBlog a fini par me lasser (ce qui explique en parti le vide de ces 2 derniers mois). En attendant un ravalement de façade complet et une réorientation éditoriale, je vous soumets quelques petites réflexions autour de l’étrange Wii Music.

Moi j’aime bien.

WiiMusic_Logo

Wii Music est une expérience intéressante. Proche d’un happening de jardin d’enfant. Sans autre forme d’interactivité que la gesticulation instinctive.

Je trouve ça reposant.

Le cerveau n’est que très peu sollicité, seules les oreilles et une certaine forme de sensibilité musicale coordonnent les mouvements. Pour peu qu’on ne cherche ou ressente pas le besoin d’éprouver un challenge, on s’oublie complètement à carillonner sans but sur des mélodies désuètes.

Je m’attendais à trouver une version plus étoffée du menu de sélection de profil de Super Mario Galaxy (je suis resté bloqué dessus une bonne demi-heure quand je l’ai découvert), et on n’en est pas loin. J’ai ressenti le même plaisir primitif à m’approprier une masse sonore, d’en malaxer la forme et le rythme sans risque de briser son harmonie (une fausse note serait comme une trahison du logiciel, comme si on pouvait casser sa voiture dans Ridge Racer, une aberration).

Le gros reproche que je ferais à ce jouet est de ne proposer que des musiques connues. Là où on s’abandonnait complètement à l’onanisme sonore dans le menu de SMG, sans idée reçue sur la mélodie initiale du morceau, dans Wii Music on est souvent influencé par  notre connaissance des  pièces de musiques populaires proposées. C’est pénible mais ça n’empêche pas d’apprécier certains arrangements.

La batterie est un ovni, d’une technicité masochiste par rapport au reste du logiciel. Je m’y amuse moins mais ça agace mon instinct de joueur si bien que j’y reviens souvent. C’est le seul secteur de l’application où je ressens une progression.

Cher et de piètre apparence, Wii Music est quand même une proposition qui gagne à être exploré. Très bien pensé, il pèche par quelques défauts (sons MIDI parfois peu convaincant, playlist poussiéreuse…), mais reflète bien le savoir-faire insolent de Nintendo en termes d’interactivité. Brillant sur le fond, il aurait pu être une grande réussite s’il s’était assumé comme un bac à sable musical total et non comme un jouet d’éveil consensuel.

[ouii] Jack in the box

Posted in Jeux Video, photos avec des tags on mars 27, 2009 by nikobo

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Amusante version presse de Madworld, percée d’un pic métal ensanglanté, avec un vrai trou dans le plastique et une gerbe de sang séchée collée sur la face.

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La même en pleine séance d’aérobic.